vendredi 15 août 2008

Ma boulangère...

Ma boulangère...

Entre ma boulangère et moi, il n'y a rien.

Du moins, presque rien.

Il y a derrière ce rien, une attraction réciproque évidente.

Palpable. Légère. Evidente.

Elle sait, je sais qu'elle sait.

Ces regards qui s'allument quand je suis dans la file et qu'elle me voie. Ces yeux qu'elle baisse et qu'elle relève doucement, pour me lancer alors un regard qui vrille, qui fait de ma maturité et de ma pratique ancienne des femmes un souvenir, qu'écris-je...  un fantasme de puceau !

Ma boulangère érotise l'achat du pain au noix et de la religieuse. 

Je sais, c'est péché...

Ma boulangère répand l'érotisme comme un soir orageux les parfums.

J'aime ses yeux, j'aime sa maturité.

J'aime sa peau dorée par le soleil de l'été et j'aime la lumière que le coiffeur a mise dans ses cheveux pour la rendre plus désirable encore.

(penser à tuer ce coiffeur mais avant... le remercier)

Cela fait deux années que cela dure.

Le chemin du désir est long, la pente est rude, disait ce grand érotomane qu'est J.P. Raffarin...

Certes...

Nous avons progressé, maintenant, nous discutons un peu, les regards brillant de part et d'autre du comptoir. Ce ne sont que des petits mots, des mots de tous les jours.

Une fois, un jour, un matin, je franchirai le Rubicond et l'embrasserai par-dessus le limes du comptoir, mordrai ses lèvres pour y puiser le feu qu'elle allume en moi, pour qu'il continue de brûler.

Pour le moment, ce n'est que regard. L'érotisme est d'abord question de vue.

Je ressors de l'échoppe, avec un sourire aux lèvres (vous savez, ce sourire là...) et avec une envie certaine, très pénible en ces jours d'été, avec ces étoffes légères...

Tiens, il me manque du pain...

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